Le tourisme responsable

Par Léopoldine Charbonneaux

Journal N°2 - Juillet / Août 2009
De nombreux cavaliers -ou non cavaliers- vont cet été partir pour des destinations plus ou moins lointaines. Il pourra s'agir de stages ou de randonnées équestres, mais aussi, parfois, de simple tourisme dans des pays exotiques.

Dans certains pays moins développés, la pauvreté s'assortit souvent, hélas, de maltraitance aux équidés. Cheval Savoir a souhaité s'engager avec vous dans la démarche du "tourisme responsable".

Les ranches où les chevaux étaient abusivement exploités ont presque disparu de France. Aujourd'hui, dans l'immense majorité des établissements équestres (clubs hippiques, centres de randonnée, loueurs d'équidés) les chevaux sont bien nourris, convenablement entretenus et en principe, bien traités.

A l'étranger, les établissements équestres qui proposent des "vacances équestres" savent qu'ils ont affaire à une clientèle, souvent étrangère, et par définition assez avertie. Les chevaux sont en général traités de façon normale (avec les variantes inhérentes aux traditions équestres de chaque pays).

Là où les choses se gâtent, c'est lorsque l'on sort du cadre du sport équestre ; les équidés sont partout, mais leur rôle est tout autre : cheval de fiacre squelettique arrêté en plein soleil pendant des heures, animaux de bât surchargés assurant "l'intendance" des randonnées exotiques, ânes minuscules mis à la disposition des touristes de tout gabarit pour des circuits en tout terrain…

Le tourisme responsable à cheval


Le tourisme responsable à cheval
© thebrooke.org
Le Brooke - une association anglaise spécialisée dans la protection des équidés dans les pays du tiers monde - a lancé une grande campagne de sensibilisation pour un tourisme plus responsable, et a placé, pour attirer notre attention, sur la page d'accueil de son site internet cette image du petit âne photographié à Petra, croulant sous le poids d'une "importante" touriste…(www.thebrooke.org)
Le tourisme responsable à cheval
© thebrooke.org
Car les touristes se font involontairement complices : nous sommes habitués aux images des pays pauvres où les choses ne tournent pas rond, et nous avons tendance à considérer que toute action serait "une goutte d'eau dans la mer".

Pourtant, tous les touristes que nous sommes peuvent jouer un rôle essentiel. Nous pouvons parfaitement réagir. Le "tourisme responsable" c'est d'abord savoir refuser - ou se refuser à soi-même - une promenade sur le dos d'un animal épuisé, trop petit, boiteux ou blessé par son harnachement. C'est aussi, lorsque l'on voit un animal correctement traité, accepter de payer un prix convenable pour une prestation, sans négocier de façon excessive (et en expliquant pourquoi). C'est enfin apprendre à voir, à évaluer, à constater l'état d'un animal. Cette évaluation doit se faire sans passion, objectivement, en tenant compte du contexte local (aucun petit cheval de pays chaud ne supporterait d'être aussi gras que nos poneys surnourris !)

Si dans les pays où règne parfois une extrême pauvreté, l'évocation même de la protection animale semble déplacée, voire indécente, il faut aussi garder à l'esprit que le tourisme est pour ces pays, une source importante de revenus et participe au développement et à la lutte contre la pauvreté.
Le tourisme responsable à cheval


Le tourisme responsable à cheval
© thebrooke.org
L'attitude que nous recommande le Brooke ne consiste pas à stigmatiser, mais à expliquer. Pour cette association "l'impact que peut avoir l'attitude des touristes sur la façon dont les propriétaires d'équidés dans les pays défavorisés traitent leur animal peut être énorme. Nous vous encourageons à prendre ce rôle à cœur et nous aider à réduire la souffrance animale à travers le monde". Et il est clair que ce n'est pas en faisant vibrer la corde sensible ou en ayant une approche moralisatrice que l'on sera écouté ; mieux vaut évoquer des raisons économiques, et faire comprendre au propriétaire que son animal, "c'est son compte en banque". En soignant bien un animal qui travaille, sa durée de vie augmentera, il sera "rentabilisé". C'est par le dialogue, constructif et axé sur la valeur de l'animal gagne-pain, que les touristes peuvent agir efficacement en faisant passer des messages simples.

Le tourisme responsable à cheval
© thebrooke.org

Quelques conseils simples

Vous trouverez sur le site internet du Brooke une série de conseils et recommandations supplémentaires dans leur "code de bonne conduite". Ce "code" du tourisme responsable reprend quelques règles de base :

  • Adaptez votre taille à celle de l'animal - un petit âne est il assez grand et fort pour vous porter ?
  • Payez le prix juste - si vous négociez trop, l'animal devra travailler plus et plus longtemps pour le même revenu.
  • Une personne par animal quand vous montez à califourchon ; le nombre de passagers ne doit pas dépasser le nombre de roues, à l'attelage.
  • Ne vous laissez pas distraire par les fioritures du harnachement - vérifiez d'éventuelles blessures cachées, et les os saillants.
Vous trouverez aussi sur le site une présentation générale de la mission du Brooke et de son travail sur le terrain. Le Brooke contribue à réduire la souffrance des équidés dans les communautés les plus pauvres, tout en améliorant les conditions de vie de leurs propriétaires qui en sont souvent dépendants pour leur propre survie.

Pour soutenir l'action du Brooke, vous pouvez leur faire parvenir vos dons de manière sécurisée via leur site internet :
www.thebrooke.org