
J’avais lu dans une version portugaise (je pense) d’un des livres du Maître Nuno Oliveira une anecdote amusante révélatrice aussi bien du provocateur qu’il était que de la manière dont une des plus grandes difficultés de l’équitation est souvent vue comme un détail par les cavaliers avides de transformer le dressage en une gesticulation artificielle.
L’histoire était à peu près celle-ci : alors qu’il montait un de ses chevaux les plus avancés et qu’il venait de donner les rênes longues après avoir réalisé des enchaînements de pirouettes au galop et de changements de pied au temps, un groupe de spectateurs assis dans la tribune demandèrent au Maître Oliveira sur un ton assez prétentieux de leur faire la démonstration de ce qu’il considérait l’exercice le plus difficile à réaliser à cheval. Il les regarda quelques instants puis reprit les rênes de son cheval et effectua une simple ligne du milieu. Puis il lâcha les rênes et leur dit : « Voila l’exercice le plus difficile : marcher droit ! »
Si tout le monde a déjà entendu la fameuse formule : « En avant, calme et droit » ou celle de Steinbrecht : « Montez vos chevaux dans le mouvement en avant et gardez-les droits », et s’il est relativement aisé de maintenir un cheval sur une ligne droite par la force des aides, des muserolles serrées, des rênes allemandes et du nez dans le poitrail, la recherche de la rectitude par des moyens classiques et dans un soucis de « Vérité » est sans doute le plus grand défi posé par le dressage correct et abouti d’un cheval. C’est aussi je pense un problème fondamental qui se pose très rapidement au cavalier soucieux d’évoluer, et ce quel que soit son niveau d’expérience ou celui de son cheval. Et il est d’ailleurs assez incroyable de constater à quel point la littérature, qui s’est par exemple tellement étendue sur la position correcte et académique, traite d’un sujet aussi primordial avec si peu de mots, si peu d’explications, alors que tous les cavaliers auront, un jour ou l’autre, à le travailler et à le maîtriser parfaitement.

C’est cette frustration de ne pas trouver de réponses à mes questions qui me pousse aujourd’hui à tenter, malgré mon relatif manque d’expérience, de rédiger quelque chose de complet sur le sujet qui permette à la plus grande majorité des cavaliers non seulement de comprendre d’où vient la dissymétrie du cheval mais aussi de savoir comment en tenir compte et la corriger.
L’avenir me dira si cette petite pierre valait la peine d’être ajoutée à l’édifice…
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