Editos
Naguère, dans les campagnes, il était d'usage, en envoyant ses voeux, d'ajouter d'une plume confiante "santé et prospérité".
Si la santé reste évidemment un bien pécieux, la prospérité a pris un coup dans l'aile. Le mot en lui-même, pourtant évocateur de belles récoltes et de greniers remplis, est démodé. Trop rustique sans doute, ou manquant d'envolée... Il est vrai qu'on ne peut plus dire "Bonne année" simplement ; il faut se souhaiter une année mousseuse, surréaliste, mirobolante, cosmique ou je ne sais quoi encore. Les mots les plus inattendus (et les plus inadéquats) vaudront mieux que cette triviale "prospérité".
"La beauté sauvera le monde", affirme le personnage de "l'Idiot", dans la pièce éponyme de Dostoiewski.
Dans le monde actuel (comme dans celui de Dostoiewski) il y a du pain sur la planche ! Donc autant s'y mettre tout de suite, et retrousser nos manches, à la recherche de la beauté, qui est preuve de civilisation et dispensatrice de joie.
La beauté est parfois tangible, éclatante. Et souvent elle se niche là où on doit la découvrir, savoir la reconnaître, et peut-être, aussi, l'inventer.
Comme Molière, Hickstead est mort en scène, face à son public. Eric Lamaze affirme qu'en s'écroulant, le cheval a cherché à éviter de lui faire mal...
Point final d'une admirable entente, coup du sort, coup du sport...
Cela va mieux dans les prairies : après les mois de sécheresse et les pluies compensatrices, partout en France, on "fait du regain". Nos greniers à foin ne seront pas vides cet hiver, les spéculateurs en seront pour leurs frais et les chevaux pourront donner libre cours à ce besoin de mastiquer, qui, lorsqu'il est inassouvi, entraîne chez eux tant de problèmes physiques et mentaux.
Le cheval passant de son statut (pluriséculaire) d'animal "de rente" à celui (envisagé) d'animal "de compagnie" : telle est la proposition de loi présentée voici quelques temps et qui, en sourdine, fait son chemin dans les esprits et alimente les conversations entre professionnels de la filière équestre.
Le FFE a récemment rendu publics les résultats pour le moins surprenants d'un sondage* réalisé à sa demande par BVA. L'enquête met en lumière le fait que plus de la moitié (52,2% exactement) des Français rêvent de vacances équestres !
Jean Louis Gouraud (que j'aime bien et dont j'admire la plume alerte trempée dans l'humour) a commis récemment un livre d'un kilo 180 grammes (je l'ai pesé). Sujet de ce divertissant pavé : l'hippomanie.
Autrement dit l’amour du cheval. Ce n'est pas une maladie honteuse, précise l'auteur pour nous rassurer. Tout en reconnaissant calmement que “le cheval rend fou".
Il y a des jours avec et des jours sans, des jours où nos chevaux regimbent, renâclent, rétivent. Ou bien c'est nous qui nous avons le sentiment de ne plus rien savoir. La pleine lune sans doute, qui, c'est bien connu, énerve les gens et fait naître les poulains... Du rose et du noir.
Prenez les notions de développement durable, écologie, énergie renouvelable, valorisation du cheval... mettez tout cela dans un sac et secouez. Qu'en reste-t-il ? Un mic-mac d'idées floues, qui paraissent irréalistes, passéistes ou utopistes.
Et pourtant...
Le cheval est-il intelligent ? A cette question qui semble aujourd'hui dépassée, Maurice Hontang, auteur d'un livre naguère incontournable "<i>Psychologie du cheval</i>", répondait par une boutade : "Oui, la preuve, c'est qu'il en est d'idiots" !
Un cheval auquel on parle a de plus grandes chances de devenir "intelligent" au sens où nous l'entendons, c'est-à-dire réceptif à ce que nous voulons qu'il comprenne. En fait, il faudrait prendre le mot intelligent dans son sens "comprenant".
Les cavaliers heureux n'ont pas d'histoire. Ils ne nous écrivent pas (ou bien c'est juste pour nous dire qu'ils aiment la revue, et cela nous comble d'aise !)
Il y aussi des cavaliers dont l'histoire, au quotidien, avec leur cheval, n'est pas simple. "Il" se gratte, "Il" se pointe. "Il' ne veut pas tourner à droite...
"Il" est pourtant très aimé, mais comment gérer ses comportements ?
Comme tout club hippique, le Top Ten (une forme de club, après tout !) comporte des cavaliers et des chevaux. Au collège des humains, il y a Kevin le n°1, Lamaze le canadien, Bengtsson le suédois, Meredith la jeune maman, Jessica la volontaire irlandaise et quelques autres. Dans le collège des chevaux, il y a Silvana la grise, Hickstead, Shutterfly qui vole...Le club se réunit régulièrement dans diverses grandes villes. Cela forme une sorte de parcours, avec des distances irrégulières, et parfois des combinaisons à une foulée (une semaine équivaut à une foulée !) genre Bruxelles-Paris-Genève.
On se souvient de l'émotion engendrée par l'annonce d'une possible vente de Totilas, l'étalon noir des rectangles de dressage, la poule aux médailles d'or (qui n'était pas l'or du Rhin, justement, et c'est ce qui chagrinait certains coeurs allemands.)
Les lampions de la fête sont éteints. Chacun a regagné son pays, son écurie, et certains ont même, dans la foulée, fait face à de nouvelles échéances sportives.
Ces Jeux Equestres Mondiaux de Lexington auront apporté leur lot d'émerveillements, de surprises, de déceptions parfois, de passion, de dépassement de soi.
Saluons tout ceux qui, médaillés ou non, parfois très proches du podium -ou très loin quand s'en mêle la glorieuse incertitude du sport- ont donné le meilleur d'eux-mêmes dans le respect du cheval.
Dans l'ambiance "lextingtonnienne" qui règne à la Rédaction en cette période de bouclage du numéro 14, les commentaires vont bon train sur ces Jeux Equestres Mondiaux dont nous vous donnons chaque jour les dernières nouvelles.
Notre revue aime bien la connaissance, le savoir, et les "sachants-faire". Notre raison d'exister, c'est d'essayer de donner des clefs qui ouvrent quelques portes. Qui guident le travail, en somme
Le congrès international de l'ISES (International Society for Equitation Science) s'est déroulé début août à la Faculté des Sciences vétérinaires d'Uppsala en Suède. Venus de 16 pays différents, dont l'Australie et la Nouvelle Zélande, près de 200 vétérinaires, scientifiques, entraîneurs et étudiants étaient là pour se pencher sur les progrès que peut faire la science pour concilier performance équestre et bien-être du cheval.
A la Rédaction, nous n'avons pas vu s'écouler cette année. Un an, douze numéros, une énorme fièvre créatrice, beaucoup d'échanges, d'émotions et de joies...
En un an, le projet avant-gardiste, un peu fou, a abouti à un journal équilibré, ayant déjà acquis une vraie maturité.
Lorsque les chevaux, entre eux, parlent de “la belle saison”, ce n’est pas à l’été qu’ils pensent : ce qu’ils aiment, c’est l’hiver !
De notre point de vue, l’été est une inépuisable de source de joies équestres, et celles-ci ne sont nullement incompatibles avec le bonheur de notre cheval. Il suffit…de se mettre à sa place.
Nous avons même rencontré des chevaux heureux...
L’équitation est une passion. Et à ce titre, elle alimente des débats…passionnels.
Les courants de pensée naturalistes, pour louables qu’il puissent être (nous partageons tous l’espoir d’une équitation plus naturelle !) s’enlisent parfois dans l’irrationnel. Si l’on allait jusqu’au bout du raisonnement, nous devrions, pour être logiques, renoncer à l’équitation elle-même. Mais il faut toujours raison garder.
Entre sensiblerie hystérique et indifférence organisée, il doit bien y avoir la place pour une équitation heureuse, non ?
Un révoltant acte de violence a coûté la vie à un cheval innocent, voici quelques jours, en Camargue. Echappé, l’animal trottait sur le bord de la route, lorsque surgit son propriétaire, qui se met à tirer dessus à coups répétés de carabine 22, jusqu’à ce que le cheval tombe pour ne plus se relever.
De mon côté, j’avais assisté quelques jours auparavant à un « fait divers » beaucoup plus banal.
Roger-Yves Bost a le vent en poupe : il gagne beaucoup actuellement (souvenez-vous son époustouflant parcours dans le récent Grand Prix de la Ville de Bordeaux).
Bon, ne nous leurrons pas : nous avons tous été un peu déçus lorsqu’à issue de la table ronde tenue par la FEI pour débattre d’une éventuelle interdiction du procédé Rollkur, les conclusions ont été désespérément tièdes. En gros : non au Rollkur, oui au LDR.
Avant le fameux « saut d’une puce » qui va faire rallonger les jours, ce mois de décembre, qui s’étire et couvre de boue nos herbages et de givre le dos de nos chevaux, nous paraît chaque année bien long.
Mais le cheval reste présent dans nos vies : nous continuons de fréquenter assidûment nos clubs, nos écuries…Les plus chanceux (ou les plus courageux ?) ne craignent pas d’affronter le grand extérieur ; c’est à eux que nous avons pensé dans notre article consacré à la randonnée : en pratique, avec la neige et la glace, comment fait-on ?
Une vidéo a été envoyée à la Rédaction de Cheval-Savoir, montrant le cavalier suédois Patrik Kittel lors de la “détente” (ironie du mot !) de son cheval Scandic lors de la Coupe du Monde de dressage à Odense, au Danemark.
Parallèlement, nous apprenions courant octobre par dépêche AFP que SAR la Princesse Haya de Jordanie, Présidente de la FEI (Fédération Equestre Internationale) avait ordonné que toute la lumière soit faite sur ces méthodes d’entraînement. Vous trouverez la traduction intégrale de ce texte, ainsi que la vidéo intitulée “Blue tongue” (la “langue bleue”) dans notre rubrique actualités.
Le monde du cheval, avec son langage et ses traditions, garde l’empreinte d’une très longue histoire commune avec l’homme.
Histoire à rebondissements. Le cheval de guerre, le cheval utilitaire, compagnon de souffrances. Puis compagnon de loisirs, d’équitation plus gaie et décontractée avec l’arrivée des joyeux poney-clubs, de l’enseignement ludique et de la diversification des disciplines. Nous avons eu tout à y gagner. Le cheval…pas toujours.
Deux périodes dans l’année font, dans notre société, l’objet de résolutions : la nouvelle année, et la rentrée.
Cheval Savoir a démarré en flèche –et nous vous remercions des milliers de visites que nos compteurs ont enregistrées depuis le lancement, il y a tout juste un mois, de notre numéro 1.
Place au numéro 2 ! Ce numéro de vacances, nous l’avons voulu éclectique, esthétique et didactique –ce sont là nos choix éditoriaux.
Un véritable journal en ligne ?
Oui c'est possible, c'est nouveau, et c'est ce que vous êtes en train de lire !
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